Le rayon extraordinaire (en construction)

Work-in-progress de Flavien Théry & Fred Murie, conception et réalisation de l'exposition "Le rayon extraordinaire", qui sera présentée aux Champs Libres, à Rennes, de novembre 2022 à mars 2023.

Le projet “Le rayon extraordinaire” est né du désir commun du duo d’artistes Flavien Théry & Fred Murie, du chercheur Julien Fade, et du musicien Thomas Poli, de croiser leurs recherches, afin d’explorer une réalité d’ordinaire imperceptible : la polarisation de la lumière, envisagée comme un révélateur de la porosité entre les mondes réel et virtuel, naturel et artificiel.

Au cours d’une résidence Art / Science qui s’est déroulée en 2020-2021 au sein du Laboratoire d’imagerie polarimétrique de l’Institut Foton (Université Rennes 1 / CNRS), les artistes, en collaboration avec Julien Fade, ont conçu des dispositifs, associant principes optiques et technologies numériques, dans une approche sensible de cette dimension cachée.

L’exposition “Le rayon extraordinaire”, réunissant une quinzaine d’œuvres issues du travail mené lors de cette résidence ainsi que quelques pièces pré-existantes, sera présentée dans la salle Anita Conti des Champs Libres, à Rennes, de novembre 2022 à mars 2023.

Cette exposition offrira, à un large public, une expérience qui donnera vie à cette notion théorique et abstraite, en jouant des résonances du titre : “Le rayon extraordinaire", terme usité dans la littérature scientifique depuis le XIXème siècle, avec un imaginaire associé à l’univers du fantastique et de la science-fiction.


Le projet “Le rayon extraordinaire” est produit par l'association Spéculaire, Rennes Métropole (dispositif d'aide "Créativité Croisée"), Les Champs Libres et l'Université Rennes 1, avec le soutien de l'Hôtel Pasteur et de la Ville de Rennes.


Si le reflet du paysage à la surface de l’eau constitue la plus commune et la plus ancienne fabrique d’images dont l’être humain puisse faire l’expérience, c’est aussi la source la plus répandue de lumière polarisée. De même, nous ignorons généralement que le bleu du ciel, les irisations sur les ailes de certains papillons ou encore l’affichage des écrans à cristaux liquides, constituent diverses manifestations de ce phénomène physique.          

La polarisation de la lumière reste en effet parfaitement invisible aux humains, contrairement à d’autres espèces vivantes : certains insectes, oiseaux ou animaux marins tels que les seiches, notamment. Si nos yeux sont capables d’appréhender l’intensité, la direction et la couleur de la lumière qu’ils reçoivent, ils demeurent cependant insensibles à la polarisation de la lumière, qui peut se définir simplement comme la trajectoire de vibration du champ électromagnétique qui véhicule l’information lumineuse. 

Les artistes, chercheurs et ingénieurs partenaires de ce projet s’attacheront à produire des installations artistiques ayant trait à la polarisation de la lumière et à sa perception. L’exposition “Le rayon extraordinaire” présentera ainsi un ensemble d’une quinzaine d’œuvres composant un parcours qui permettra au visiteur d’appréhender cette dimension cachée par une approche sensible et poétique. Une création musicale de Thomas Poli accompagnera la visite de cette exposition, et donnera lieu à l’édition d’un album vinyle.

Au cœur de leur recherche depuis de nombreuses années, ce phénomène est envisagé par les artistes comme un révélateur de la porosité entre deux aspects du monde contemporain : celui de l’espace “réel”, dans lequel nos corps évoluent ; et celui de l’espace “virtuel”, dans lequel nos esprits se meuvent. Il s’agit de susciter tout à la fois un émerveillement et un questionnement face à l’étrangeté de notre environnement, au travers de phénomènes optiques ou biologiques d’ordinaire imperceptibles. 

Les propriétés polarisantes de certaines surfaces et matériaux, ou les capacités de certains animaux et végétaux à capter, réfléchir ou même émettre des signaux polarisés sont autant de sujets que les artistes entendent ici explorer. Les créations présentées associeront des dispositifs optiques, des systèmes de captation vidéo originaux (polarimétriques, volumétriques), et autres technologies numériques, afin de proposer au visiteur l’expérience, à la fois ludique et déroutante, d’une réalité que la Science, autant que l’Art, n’ont de cesse d’interroger.